Adrien Chennebault / percussions, chœurs
David Sevestre / saxophone (soprano, ténor)
Simon Couratier / saxophone (alto, baryton) et flûte
Julien Petit/ Trompette et trombone
Jeannot Mendy / guitare, chœurs
Lamine Ndiaye / batterie
Abdourahmane Fall / basse, chœurs
Majnun / chant lead, guitare

25

Majnun a quitté le Sénégal à 19 ans. Il est arrivé en France avec un seul objectif en tête : mener des études en droit international. Il obtient son master à l’université d’Orléans. « À cette époque-là, je commence petit à petit la musique, je fais des choeurs dans un groupe de reggae », se remémore l’artiste. Après plusieurs expériences, notamment avec le groupe Waliyaan, c’est réellement en 2010 que la carrière solo de l’artiste commence. Majnun fait la connaissance avec le réseau musical orléanais. « Des musiciens de jazz notamment, des artistes venus de tous horizons », poursuit-il. Funk, soul, samba… Majnun s’imprègne de tout ce qu’il découvre et ce qui l’inspire. Assimilé à la catégorie de la « world music », il brasse tout un tas d’esthétiques avec une méthodologie africaine affirmée et un regard porté sur la société occidentale qui l’entoure.

Majnun est resté sept ans sans retourner en Afrique. Depuis quelque temps, il a la possibilité, plusieurs fois dans l’année, d’aller voir sa famille, très implantée dans le milieu culturel sénégalais. Il a gardé un lien fort avec son pays et aimerait créer des passerelles entre ses deux pays. Majnun est retourné trois fois au Sénégal cette année. « Je voudrais pouvoir abolir ces frontières qui me dérangent et n’être qu’un artiste qui, avec sa situation de migrant, devient ambassadeur des pratiques artistiques d’un territoire ou d’un autre ».

Majnun s’affirme en tant qu’artiste solo depuis quelques années. En trio ou entouré de huit musiciens, il exprime son histoire et les histoires qu’il créé sur scène avec spiritualité et humilité. Dans son groupe, la moitié des artistes est française, l’autre moitié, vient du Sénégal. Un mélange unique et fusionnel, qui a poussé à conduire Majnun à construire une tournée, en Afrique, en 2019. « Je voudrais que mes musiciens puissent comprendre d’où vient ma musique, mon inspiration, ma façon de composer et de concevoir la musique », indique l’artiste. « Ce retour chez moi illustre notre esprit coopératif. D’ailleurs, je construis ce voyage en tant que tel ». En effet, outre les dates de concert programmées dans des lieux spécifiques, Majnun envisage des rencontres avec les publics avertis, éloignés ou empêchés afin de partager des pratiques et des notions de culture avec les musiciens de façon plus insolite. « Nous avons, au sein du groupe, une section de cuivres, qui semble très intéressante pour le public africain. Par ailleurs, ces musiciens, qui ont reçu une formation occidentale, souhaitent en apprendre davantage sur l’art de l’oralité, la façon dont les artistes africains composent, sans passer par l’écriture. C’est un partage d’expériences à double sens ».

crédits loyaa r

La tournée de Majnun débutera par le Bénin : l’artiste a noué des liens forts avec l’Institut Français de Cotonou, dont la directrice, Christine le Ligné, a des attaches en Centre-Val de Loire. Parakou, ville de coopération décentralisée de la ville d’Orléans, était aussi un passage obligatoire pour Majnun qui vit à Orléans depuis de nombreuses années. 

Majnun partira ensuite sur les routes de la Mauritanie et du Mali pour quelques concerts, avant de parvenir au Sénégal où, après une date à Saint-Louis, il restera quelques jours à Dakar, en résidence. Un concert à l’Institut Français de Dakar est prévu pour clore la tournée.

Publicités